Livre blanc

Développer sa clientèle en ligne dans le respect de la déontologie

Depuis 2014, l'avocat peut solliciter personnellement des clients ; la publicité, déjà permise, reste encadrée. L'ensemble relève de la loi de 1971, du code de déontologie et du Règlement intérieur national. Ce livre blanc passe en revue chaque canal en ligne, les règles qui s'y appliquent et une méthode pour obtenir des résultats mesurables en 90 jours.

Par la rédaction Avocat LexiaMis à jour le 20 min de lecture
En 30 secondes
Pour qui ?
Avocats qui veulent développer leur clientèle par internet
Textes clés
Loi de 1971, art. 3 bis ; code de déontologie, art. 15 ; RIN, art. 10
Interdits
Publicité trompeuse, comparative ou dénigrante ; sollicitation par SMS, téléphone ou démarche physique
Méthode
Site conforme, profils locaux cohérents, contenus utiles, mesure mensuelle
Ce que vous allez apprendre
  • La publicité et la sollicitation personnalisée sont permises si elles procurent une information sincère et respectent les principes essentiels de la profession.
  • Les règles de communication figurent à l'article 10 du RIN et à l'article 15 du code de déontologie des avocats, qui a remplacé en 2023 le décret de 2005 modifié en 2014.
  • Le nom de domaine du site doit comporter le nom de l'avocat ou du cabinet ; les noms génériques évoquant un domaine du droit sont interdits.
  • La sollicitation personnalisée se fait par courrier postal ou électronique, jamais par SMS, et précise les modalités de détermination du coût de la prestation.
  • Répondre à un avis en ligne ne doit jamais révéler qu'une personne est ou a été cliente : le nom des clients est couvert par le secret.
  • La rémunération d'apports d'affaires est interdite : examinez le modèle de rémunération de toute plateforme de mise en relation.
  • Quelques indicateurs simples, suivis chaque mois, suffisent à savoir quels canaux produisent réellement des rendez-vous.
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Qu'il ait reçu une recommandation et veuille la vérifier, ou qu'il parte d'une question précise (« avocat divorce Lyon », « contester un licenciement »), un client potentiel peut vous chercher en ligne avant de vous appeler. Être trouvé, inspirer confiance et permettre un premier contact simple sont devenus des conditions de développement du cabinet.

La profession dispose pour cela de libertés réelles et de règles précises : depuis la loi du 17 mars 2014, l'avocat peut solliciter personnellement des clients ; la publicité, déjà permise, reste encadrée. Ce livre blanc reprend les textes en vigueur au 28 septembre 2026, les applique à chaque canal (site, référencement local, annuaires, réseaux sociaux, avis, sollicitation, prise de rendez-vous) et propose une méthode de mesure et un plan d'action sur 90 jours.

1. Les règles de communication en vigueur

Trois textes à connaître

La loi. L'article 3 bis de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, issu de la loi du 17 mars 2014, autorise l'avocat à recourir à la publicité et à la sollicitation personnalisée, dans les conditions fixées par décret. Toute prestation réalisée à la suite d'une sollicitation personnalisée fait l'objet d'une convention d'honoraires.

Le décret. Ces conditions avaient été fixées par le décret n° 2014-1251 du 28 octobre 2014, qui modifiait l'article 15 du décret n° 2005-790 du 12 juillet 2005. Ce décret de 2005 a été abrogé par le décret n° 2023-552 du 30 juin 2023 portant code de déontologie des avocats. Les règles se trouvent désormais à l'article 15 du code de déontologie des avocats, qui reprend la même logique :

  • la publicité et la sollicitation personnalisée sont permises si elles procurent une information sincère sur la nature des prestations proposées et si leur mise en œuvre respecte les principes essentiels de la profession ;
  • elles excluent tout élément comparatif ou dénigrant ;
  • la sollicitation personnalisée prend la forme d'un envoi postal ou d'un courrier électronique adressé au destinataire, à l'exclusion de tout message textuel envoyé sur un téléphone mobile ;
  • elle précise les modalités de détermination du coût de la prestation, qui fera l'objet d'une convention d'honoraires.

Le Règlement intérieur national (RIN). Son article 10, « Communication », détaille les règles (version consolidée publiée par le CNB en mars 2026). Attention à la numérotation : l'article 15 du RIN porte sur les conditions d'exercice (cabinet principal, bureaux secondaires) et non sur la communication. Les règles de publicité sont à l'article 10 du RIN et à l'article 15 du code de déontologie.

Ce que prévoit l'article 10 du RIN

Article Objet Règle principale
10.1 Définitions Distingue publicité fonctionnelle (celle de la profession), publicité personnelle et sollicitation personnalisée, adressée à une personne déterminée
10.2 Dispositions communes Respecter les principes essentiels, faire état de sa qualité, permettre d'être identifié ; mentionner si on le souhaite spécialisations, domaines d'activités dominants et missions
10.3 Publicité et sollicitation Information sincère ; sollicitation exclusive de toute démarche physique ou téléphonique ; SMS exclus
10.4 Annuaires Possibilité d'y figurer avec des mentions conformes aux principes essentiels
10.5 Internet Information de l'Ordre ; nom de domaine comportant le nom de l'avocat ou du cabinet ; pas d'encart publicitaire
10.6 Dénominations Interdiction des dénominations évoquant de façon générique le titre d'avocat, un domaine du droit ou une spécialisation

Autorisé ou interdit : le tableau de synthèse

Pratique Statut Fondement
Site internet présentant le cabinet, ses domaines et ses honoraires Autorisé Loi de 1971, art. 3 bis ; RIN, art. 10.5
Annonces payantes sur un moteur de recherche ou un réseau social Autorisé si le message est sincère et non comparatif Code de déontologie, art. 15 ; RIN, art. 10.2 et 10.3
Mention « spécialiste » sans certificat de spécialisation Interdit RIN, art. 10.2 (qualification non reconnue)
« Le meilleur avocat de la ville », « moins cher que les autres » Interdit Mention comparative, RIN, art. 10.2
Nom de domaine « avocat-divorce-lyon.fr » Interdit Nom générique évoquant un domaine du droit, RIN, art. 10.5
Bannière publicitaire d'un tiers sur le site du cabinet Interdit RIN, art. 10.5
Courrier électronique personnalisé à une entreprise Autorisé avec mentions obligatoires Code de déontologie, art. 15 ; règles CNIL
SMS, appel téléphonique ou visite pour proposer ses services Interdit Code de déontologie, art. 15 ; RIN, art. 10.3
Rémunérer un tiers pour chaque client apporté Interdit Code de déontologie, art. 10 (apport d'affaires)

En cas de doute sur un support ou une formulation, interrogez la commission de déontologie de votre Ordre avant publication.

2. Le site du cabinet : conforme, clair, utile

Le site est le point d'arrivée de presque tous les autres canaux : profil local, annuaire, publication sur un réseau social, recommandation. Il doit rassurer en quelques secondes et permettre un contact immédiat.

Les obligations propres à la profession

  • Nom de domaine : il comporte le nom de l'avocat ou la dénomination du cabinet, en totalité ou en abrégé, éventuellement précédé ou suivi du mot « avocat ». Un nom de domaine qui évoque de façon générique le titre d'avocat, un domaine du droit ou une activité de l'avocat est interdit (RIN, article 10.5).
  • Information de l'Ordre : l'ouverture ou la modification substantielle du site est signalée au conseil de l'ordre, avec les noms de domaine utilisés.
  • Aucun encart publicitaire : le site ne peut accueillir ni bannière ni publicité pour des tiers.
  • Identification : qualité d'avocat, barreau d'inscription, structure d'exercice réelle (RIN, article 10.2).
  • Spécialisations : uniquement celles attestées par un certificat. Pour le reste, parlez de « domaines d'activités ».

Les obligations communes à tout site professionnel

  • Mentions légales prévues par la loi pour la confiance dans l'économie numérique (identité de l'éditeur, hébergeur, directeur de la publication).
  • Politique de confidentialité conforme au RGPD si le site collecte des données (formulaire de contact, prise de rendez-vous).
  • Cookies : les traceurs publicitaires ou de réseaux sociaux nécessitent le consentement préalable. Selon la CNIL, un outil de mesure d'audience peut en être exempté s'il se limite à des statistiques anonymes pour le seul éditeur du site ; elle recommande une durée de vie des traceurs de 13 mois au plus et une conservation des données de 25 mois au plus.
  • Médiation de la consommation : l'article L. 616-1 du code de la consommation impose d'indiquer au client consommateur les coordonnées du médiateur dont relève le professionnel. Pour les avocats, il s'agit du médiateur national de la consommation de la profession d'avocat, dont les coordonnées à jour figurent dans les modèles de conventions d'honoraires du CNB.

Ce qui fait un site utile

  1. Une page par domaine d'activité, rédigée pour le client : situations traitées, déroulement type, pièces à préparer, ordre de grandeur des honoraires ou mode de calcul.
  2. Une information claire sur les honoraires : forfait, taux horaire, honoraire de résultat complémentaire, prix de la première consultation. L'article 10 du code de déontologie impose d'informer le client, dès sa saisine, des modalités de détermination des honoraires : le site peut préparer cette information.
  3. Un contact en un clic : téléphone cliquable sur mobile, formulaire court, prise de rendez-vous en ligne.
  4. Une adresse et un plan cohérents avec vos profils locaux.
  5. Des contenus datés et vérifiés : un article qui cite une règle abrogée nuit plus qu'il ne sert.

Check-list du site

  • [ ] Nom de domaine conforme à l'article 10.5 du RIN.
  • [ ] Ordre informé de l'ouverture ou de la refonte, noms de domaine communiqués.
  • [ ] Aucun encart publicitaire, aucun lien vers un contenu contraire aux principes essentiels.
  • [ ] Qualité, barreau et structure d'exercice clairement indiqués.
  • [ ] Mentions légales, politique de confidentialité, gestion des cookies à jour.
  • [ ] Coordonnées du médiateur de la consommation de la profession d'avocat.
  • [ ] Information sur les honoraires et le prix de la première consultation.
  • [ ] Téléphone cliquable et prise de rendez-vous accessibles depuis chaque page.

3. Référencement local et annuaires

Le référencement local

Lorsqu'une recherche associe un besoin et un lieu (« avocat droit du travail Nantes »), les moteurs de recherche affichent une carte et une liste d'établissements, alimentées par les fiches d'établissement (comme la fiche Google Business Profile) et par la cohérence des informations trouvées sur le web.

Les bonnes pratiques relèvent du bon sens :

  • Créez ou revendiquez votre fiche d'établissement avec la dénomination réelle du cabinet. N'y ajoutez pas de mots-clés (« Cabinet X — avocat divorce pas cher ») : c'est contraire à l'article 10.6 du RIN et aux règles des moteurs.
  • Choisissez des catégories exactes et décrivez vos domaines d'activités, sans mention comparative.
  • Gardez partout le même nom, la même adresse et le même numéro de téléphone : site, fiche d'établissement, annuaires, réseaux sociaux, papier à en-tête.
  • Renseignez des horaires réels et les modalités de rendez-vous (au cabinet, en visioconférence).
  • Publiez des photos authentiques du cabinet et de l'équipe, jamais d'une personne tierce ou d'un lieu qui laisserait croire à une structure inexistante (RIN, article 10.2).

Les annuaires

L'article 10.4 du RIN permet à l'avocat de figurer dans les annuaires, avec des mentions conformes aux principes essentiels, et d'y faire état de ses spécialisations et domaines d'activités dominants. Les annuaires de la profession (annuaire du CNB, annuaire de votre barreau) sont à vérifier en priorité : ce sont des sources de référence pour le public.

Les annuaires privés se multiplient. Avant de souscrire à une offre payante, examinez les points suivants.

Check-list avant de rejoindre un annuaire ou une plateforme

  • [ ] Mode de rémunération : abonnement ou forfait, ou commission par client ou par dossier ? L'article 10 du code de déontologie interdit la rémunération d'apports d'affaires. Un paiement proportionnel aux clients apportés doit être examiné avec votre Ordre.
  • [ ] Présentation : la plateforme compare-t-elle ou classe-t-elle les avocats ? Affiche-t-elle des mentions trompeuses (« meilleur », « le moins cher ») ?
  • [ ] Relation avec le client : qui fixe les honoraires ? La convention est-elle conclue directement entre vous et le client ?
  • [ ] Données : qui est responsable des données des demandeurs ? Où sont-elles hébergées ? Sont-elles revendues ?
  • [ ] Contrôle : pouvez-vous modifier ou supprimer votre fiche à tout moment ?
  • [ ] Publicités : la page qui vous présente affiche-t-elle des publicités de tiers incompatibles avec la dignité de la profession ?

4. Réseaux sociaux et contenus

Le cadre

L'article 10.5 du RIN rappelle que l'avocat doit respecter les principes essentiels lorsqu'il participe à un blog ou à un réseau social. Les principes ne changent pas selon le support : dignité, confraternité, délicatesse, modération, secret professionnel.

Ce qu'il faut éviter

  • Évoquer un dossier identifiable, même présenté comme anonyme, dès lors que des détails permettent de reconnaître le client ou l'affaire. Le secret est général et absolu, et le client lui-même ne peut pas en relever l'avocat (article 4 du code de déontologie).
  • Commenter une affaire en cours d'une manière qui pourrait porter atteinte au secret de l'enquête ou de l'instruction, ou à la présomption d'innocence.
  • Critiquer un confrère ou une juridiction en des termes contraires à la délicatesse et à la confraternité.
  • Promettre un résultat (« divorce obtenu en un mois », « 100 % de dossiers gagnés ») : c'est une information non sincère.
  • Partager des contenus trompeurs : le « j'aime » et le repartage engagent aussi celui qui les publie.

Ce qui fonctionne

Les contenus qui apportent une information vérifiée et datée sont les plus durables : explication d'une réforme, réponse à une question fréquente, liste des pièces à réunir pour une procédure. Ils servent aussi le référencement du site s'ils y renvoient.

Si vous utilisez un outil d'IA pour rédiger, relisez, vérifiez chaque référence et signez le contenu. Depuis le 2 août 2026, l'article 50 du règlement européen sur l'IA impose de signaler l'origine artificielle des textes publiés pour informer le public sur des questions d'intérêt public, sauf lorsqu'ils ont fait l'objet d'une relecture humaine et qu'une personne en assume la responsabilité éditoriale. Voir le livre blanc L'IA au cabinet d'avocats en 2026.

5. Les avis clients

Ce que disent les textes

Le RIN ne contient pas de disposition spécifique sur les avis en ligne. Deux corps de règles s'appliquent néanmoins.

Le secret professionnel. Le nom des clients est couvert par le secret (RIN, article 2.2). Répondre publiquement à un avis en confirmant que son auteur est client, ou en évoquant son dossier, peut constituer une violation du secret, même si l'avis est injuste.

Le droit de la consommation. L'article L. 111-7-2 du code de la consommation impose à toute personne qui collecte, modère ou diffuse des avis de consommateurs, même à titre accessoire, une information loyale sur leurs modalités de publication et de traitement. Selon la DGCCRF, sont notamment interdits : se faire passer pour un consommateur, diffuser ou faire diffuser de faux avis, modifier des avis à des fins promotionnelles, obtenir des avis contre une contrepartie, supprimer les avis négatifs ou retarder leur publication. Ces agissements constituent des pratiques commerciales trompeuses, pénalement sanctionnées.

La conduite à tenir

  1. Demandez des avis de façon neutre, à tous les clients ou selon un critère objectif (fin de dossier), sans contrepartie et sans suggérer le contenu.
  2. N'écrivez jamais d'avis vous-même et ne demandez pas à des proches d'en rédiger.
  3. Si vous affichez des avis sur votre site, indiquez comment ils sont collectés et s'ils sont vérifiés, publiez-les tous, avec leur date.
  4. Répondez sans rien révéler : une réponse type (« Nous ne pouvons commenter aucune situation individuelle, le secret professionnel s'y oppose. Toute personne peut nous contacter directement. ») protège à la fois le secret et votre image.
  5. Face à un avis diffamatoire ou émanant d'une personne qui n'a jamais été cliente, utilisez la procédure de signalement de la plateforme et, si nécessaire, les voies de droit. Consultez votre bâtonnier avant toute réponse circonstanciée.

6. Sollicitation personnalisée et prospection

La forme autorisée

La sollicitation personnalisée est une communication adressée à une personne physique ou morale déterminée, qui dépasse la simple information (RIN, article 10.1). Elle n'est permise que :

  • par courrier postal ou courrier électronique ;
  • à l'exclusion de tout SMS, de toute démarche physique et de tout appel téléphonique ;
  • avec une information sincère sur la nature des prestations ;
  • en précisant les modalités de détermination du coût de la prestation.

Toute prestation réalisée à la suite d'une sollicitation personnalisée fait l'objet d'une convention d'honoraires (loi de 1971, article 3 bis).

Les règles de la CNIL pour les e-mails

La déontologie ne dispense pas du droit de la prospection électronique :

  • Particuliers : le consentement préalable, libre, spécifique, éclairé et univoque est obligatoire. Les cases précochées sont interdites. Une exception vise les clients existants, pour des services analogues.
  • Professionnels : la prospection peut reposer sur l'intérêt légitime si le message est en rapport avec la profession du destinataire, à condition qu'il ait été informé et puisse s'opposer simplement.
  • Dans tous les cas : identification claire de l'expéditeur, lien de désinscription effectif, réponse aux demandes d'exercice des droits dans un délai d'un mois.

En pratique, la sollicitation personnalisée par e-mail se prête surtout à une clientèle de professionnels (entreprises, associations, professions libérales) sur un sujet lié à leur activité, par exemple une réforme qui les concerne.

Check-list d'un message de sollicitation

  • [ ] Destinataire déterminé et base légale vérifiée (consentement ou intérêt légitime B2B).
  • [ ] Qualité d'avocat, barreau et coordonnées indiqués.
  • [ ] Présentation sincère de la prestation, sans promesse de résultat ni comparaison.
  • [ ] Modalités de détermination du coût précisées (forfait, taux horaire, fourchette et critères).
  • [ ] Mention de la convention d'honoraires qui encadrera la prestation.
  • [ ] Lien de désinscription fonctionnel.
  • [ ] Aucun envoi par SMS, aucune relance téléphonique.

7. Prise de rendez-vous en ligne, mesure et erreurs à éviter

La prise de rendez-vous en ligne

Un prospect qui a trouvé le cabinet doit pouvoir passer à l'action sans attendre la réouverture du standard. La réservation en ligne répond à ce besoin, à trois conditions :

  • Le secret de l'agenda : l'agenda est couvert par le secret (RIN, article 2.2). Le module public ne doit afficher que des créneaux libres, jamais un nom ou un objet de rendez-vous.
  • La qualification : prévoyez quelques questions (domaine, nom de la partie adverse, urgence) pour vérifier l'absence de conflit d'intérêts avant le rendez-vous.
  • L'information sur le prix : indiquez si la première consultation est payante et son montant avant la confirmation.

Les rappels par SMS envoyés à une personne qui a elle-même pris rendez-vous ne sont pas de la sollicitation : ils exécutent sa demande. Leur contenu doit rester minimal (date, heure, adresse, lien d'annulation), sans objet du rendez-vous. Le livre blanc Organiser l'accueil client du cabinet détaille ces réglages.

Mesurer les résultats

La mesure sert à décider où investir votre temps. Quelques indicateurs suffisent, relevés chaque mois dans un tableau simple.

Indicateur Comment le mesurer Ce qu'il indique
Visites du site Outil de mesure d'audience exempté de consentement Visibilité globale
Actions sur la fiche d'établissement Statistiques de la fiche (appels, itinéraires, clics vers le site) Efficacité du référencement local
Demandes de contact Formulaires, appels, réservations en ligne Conversion du site
Origine des demandes Question « Comment nous avez-vous connu ? » à chaque premier contact Canal le plus productif
Taux de transformation Rendez-vous ayant abouti à une convention d'honoraires ÷ premiers rendez-vous Adéquation des demandes à votre activité
Demandes hors domaine Nombre de demandes réorientées Clarté de votre présentation
Avis reçus Nombre et note moyenne, par mois Satisfaction et crédibilité

Ne comparez pas vos chiffres à des « moyennes du secteur » non sourcées : comparez-vous à vous-même, mois après mois.

Les erreurs à éviter

  1. Un nom de domaine ou une dénomination générique (« avocat-licenciement-paris ») : interdit par les articles 10.5 et 10.6 du RIN.
  2. Se dire « spécialiste » sans certificat de spécialisation.
  3. Promettre un résultat ou afficher un taux de réussite invérifiable.
  4. Répondre à un avis en évoquant le dossier du client.
  5. Acheter des avis, en rédiger, ou en obtenir contre une réduction d'honoraires.
  6. Relancer un prospect par SMS ou par téléphone.
  7. Payer une plateforme à la commission par client sans avoir vérifié la règle sur l'apport d'affaires.
  8. Laisser un site sans information sur les honoraires ni sur la première consultation.
  9. Des informations incohérentes entre le site, la fiche d'établissement et les annuaires.
  10. Des contenus jamais mis à jour qui citent des textes abrogés, par exemple le décret de 2005.

Plan d'action sur 90 jours

Jours 1 à 30 : mettre en conformité et poser les bases

  • [ ] Vérifier le nom de domaine, la dénomination et les mentions du site au regard des articles 10.2, 10.5 et 10.6 du RIN.
  • [ ] Informer l'Ordre si le site a été créé ou refondu sans déclaration.
  • [ ] Ajouter l'information sur les honoraires, le prix de la première consultation et les coordonnées du médiateur de la consommation.
  • [ ] Revendiquer et compléter la fiche d'établissement ; aligner nom, adresse et téléphone sur tous les supports.
  • [ ] Vérifier votre fiche dans l'annuaire de votre barreau et dans celui du CNB.
  • [ ] Mettre en place le tableau d'indicateurs et la question « Comment nous avez-vous connu ? ».

Jours 31 à 60 : rendre le contact simple et produire du contenu

  • [ ] Activer la prise de rendez-vous en ligne avec questions de qualification et rappels minimalistes.
  • [ ] Rédiger ou réviser une page par domaine d'activité.
  • [ ] Publier deux à quatre contenus utiles et datés, relus et signés.
  • [ ] Mettre en place une demande d'avis neutre en fin de dossier et une réponse type respectueuse du secret.
  • [ ] Examiner les annuaires privés et plateformes auxquels vous êtes inscrit avec la check-list du chapitre 3.

Jours 61 à 90 : mesurer et ajuster

  • [ ] Analyser deux mois d'indicateurs : quels canaux produisent des rendez-vous et des conventions signées ?
  • [ ] Renforcer le canal le plus productif ; abandonner ce qui ne produit rien.
  • [ ] Si votre clientèle est professionnelle, préparer une première sollicitation personnalisée par e-mail conforme à la check-list du chapitre 6.
  • [ ] Fixer un rythme de publication tenable et une revue trimestrielle du site.

Lexia Agenda, édité par Yoligo SAS, réunit un agenda partagé, la prise de rendez-vous en ligne, les rappels SMS et une page publique sur l'annuaire Avocat Lexia, à partir de 89 € par mois. Lexia Voix, agent vocal d'intelligence artificielle, répond aux appels du cabinet 24 h/24, qualifie les demandes et transfère les urgences, à partir de 69 € par mois. Pour en savoir plus, consultez la présentation de Lexia ou demandez une démonstration.

Questions fréquentes

Puis-je acheter de la publicité sur Google ou les réseaux sociaux ?

Oui. La publicité personnelle était déjà permise à l'avocat ; la loi du 17 mars 2014 y a ajouté la sollicitation personnalisée. Le message doit rester sincère, sans élément comparatif ou dénigrant, permettre de vous identifier et respecter les principes essentiels. Le site vers lequel renvoie l'annonce ne peut lui-même comporter aucun encart publicitaire.

Puis-je demander à mes clients de laisser un avis ?

Aucune règle du RIN ne l'interdit. En revanche, les avis doivent être authentiques : le code de la consommation sanctionne les faux avis, et la DGCCRF considère comme interdit le fait d'obtenir des avis contre une contrepartie ou de supprimer les avis négatifs. Formulez une demande neutre, sans contrepartie.

Puis-je envoyer un SMS à un prospect ?

Non, pas pour le solliciter. L'article 15 du code de déontologie et l'article 10.3 du RIN excluent les messages textuels envoyés sur un téléphone mobile, ainsi que toute démarche physique ou téléphonique. Un SMS de rappel de rendez-vous adressé à une personne qui a pris rendez-vous n'est pas une sollicitation.

Dois-je déclarer mon site à l'Ordre ?

Oui. L'article 10.5 du RIN impose d'informer le conseil de l'ordre de l'ouverture ou de la modification substantielle d'un site internet et de lui communiquer les noms de domaine utilisés. Renseignez-vous auprès de votre barreau sur la forme attendue.

Sources

Ce guide donne une information générale et ne remplace pas le conseil d'un avocat sur votre situation. Il est mis à jour lorsque les règles changent ; signalez-nous toute erreur via le formulaire de contact.

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